When Curiosity didn't kill the cat... ツ

08 décembre 2018

Never Let Me Go de Kazuo Ishiguro

Résultat de recherche d'images pour "never let me go book"Le roman est très bien écrit et sans prise de position forte. Il soulève simplement des questions éthiques en rendant à des clones créés pour des greffes d'organes leur humanité à travers les histoires d'une enfance banale. On se lie très rapidement à ce trio d'enfants, adolescents puis jeunes adultes. Inséparables et pourtant inéluctablement dirigés vers une séparation irrévocable. Les choses sont telles qu'elles sont. On ne peut que les accepter; bien qu'en nous même - de même qu'en ce personnage de Tommy - il y ait ce refus, cette incompréhension face à cette injustice préconçue.

Il n'y a pas trop de détails sur le comment, le début ou le contexte de cette société, ce qui donne de la crédibilité au récit. Le personnage principal est attachant ; de même que le personnage de Ruth qui pourtant peut se montrer aussi inhumaine qu'un être humain peut l'être avec son manque de confiance et son besoin d'être aimé de ceux qu'elle admire.

Quelle belle métaphore que la création artistique dans ce roman. Le Miroir de l'Ame. Le symbole de l'espoir. Et en même temps la désillusion, la peur de ne pas créer comme les autres sont capables de créer. L'acharnement ensuite à créer pour plaire et convaincre la personne importante.

J'avais beaucoup aimé la lecture de Vestiges d'un Jour du même auteur. C'était avec assurance que je me plongeais donc dans cette lecture. Toutefois, j'ai moins d'affinité avec l'eugénisme ou les théories de vision du futur ou encore des problèmes éthiques liés à une société deshumanisée. J'ai préféré le premier roman pour son intrigue.

On retrouve le même style d'écriture très agréable. On évolue dans l'intimité d'un personnage dans l'ombre. Un personnage qui se trouve très proche de ceux qui brillent ou qui ont de l'importance. Un secret ou quelque chose qui cloche est présent dès le début mais nous ne pouvons pas encore mettre des mots sur ce dont il s'agit au début de notre lecture. Le personnage principal est dévoué et humble mais réfléchi aussi dans ses choix.

Un très bon moment!

Ne surtout pas voir l'adaptation cinématographique - qui n'en est pas une de fait - avec Carrey Mulligan, Keira Knightley et Charlotte Rampling. Toute l'histoire est réécrite et les moments importants supprimés ou modifiés. Quelle frustration!

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25 novembre 2018

Back in time to Grindelwald's story

 

Résultat de recherche d'images pour "crimes of grindelwald pictures"J'ai mis du temps à me décider... C'est un peu ringard d'être fan d'Harry Potter quand on a 28 ans. Or is it? En même temps, on est LA génération qui a grandi avec les romans...

Un très bon moment! C'est un super film d'action à voir au cinéma. Il est toujours agréable de se retrouver dans l'univers de la saga, on a l'impression de remonter le temps et de s'y sentir invincible. Mais là il s'agit surtout de se délecter du rôle de l'introverti et bienveillant Norbert Dragoneau interprété à merveille par Eddie Redmayne !

"Redmayne’s Newt is becoming a real character: gentle, shy, with a childlike quality that doesn’t really change no matter how scary things get." I do agree with this :)

Article à lire : https://www.theguardian.com/film/2018/nov/08/fantastic-beasts-the-crimes-of-grindelwald-review-jude-law-dumbledore-shines-in-saggy-sequel

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04 novembre 2018

En Liberté ! de Pierre Salvadori

http://www.cinema-yonne.fr/affiches/affiche-en-liberte.pngJe viens tout juste d'aller au ciné voir En Liberté ! de Pierre Salvadori. Le casting est super Pio Marmai, Adèle Haenel et Audrey Tautou. Pourtant lorsque j'ai vu la bande d'annonce, ça ne m'a pas tenté du tout la première fois. Je me suis dit que ça allait être drogue, sexe et rock'n'roll - ce qui peut être bien pour certains jours mais là, ça ne correspondait pas à mon humeur du moment.

Puis un de ces aprèms gris où on se dit que ce serait bien de sortir, de faire quelque chose tranquillement, j'ai revu le film à l'affiche de mon cinéma de quartier...

J'ai passé un super moment. La musique est géniale! On entre dans le film sans attendre avec de l'action à l'américaine, avant que tout tombe à plat. C'est la comédie qui commence. Des personnages paumés, qui culpabilisent ou ne se sentent pas à l'aise avec l'injustice qu'on leur a imposée. Des faux semblants, des masques. Du comique de situation ou de répétition. Les acteurs sont super dans ces rôles. Audrey Tautou est excellente en angoissée de la vie. Sa première scène avec Pio Marmai est géniale! A mourir de rire!

Il y a plein de scènes où on rit ! Les répliques sont surprenantes et très drôles. Dans des contextes absurdes. Une commémoration présentée par un maire au top, des formules de politesse bien placées à l'endroit où ça passe pas,... C'était vraiment un bon film dans un univers détonnant qui dépayse le spectateur.

 

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Summertime de J.M. Coetzee

 

Résultat de recherche d'images pour "summertime coetzee vintage"Je cherchais un nouveau livre à la médiathèque. Quelque chose en anglais pour pratiquer un peu - je suis prof d'anglais et cela fait toujours du bien - et en parcourant les étagères de la section livre en version originale, j'ai fini par tomber sur ce roman. Je voulais quelque chose de plus contemporain et hors norme/classique que Jane Austen ou les soeurs Brönte.

J'avais déjà lu Disgrace de cet auteur. J'étais tombé dessus par hasard dans un Waterstone de Nottingham lors de mon année d'échange. La vendeuse m'avait dit avoir adoré cette lecture, et j'ai compris une fois ce premier livre achevé que c'était en effet un auteur à garder en mémoire.

Voici le résumé : C'est un roman qui joue sur l'illusion du lecteur. Un biographe se rend à différents endroits dans le monde pour interviewer des personnes ayant eu un lien avec un grand écrivain décédé qui s'appelle J.M. Coetzee. Le biographe veut se focaliser sur une partie de la vie de cet écrivain - les années 1970 - et en faire une biographie non romancée mais en différents témoignages et points de vue sur le personnage de John Coetzee. Il y a une mère de famille avec qui Coetzee a eu une relation, une professeure de dance qu'il courtisait, une de ses cousines ou encore des collègues.

J'ai adoré cette dérision! L'auteur se met lui même en scène, après son enterrement, en fin de compte. Les personnages font référence à des titres d'oeuvres écrites par J. M. Coetzee dont Disgrace notamment. C'est un véritable anti-héro qui est décrit à travers la majorité des personnages. Le biographe tente d'adopter l'attitude la plus scientifique possible en ne prenant pas partie. Il n'y a qu'à la fin du livre où le personnage est amené à donner son point de vue sur le personnage de John Coetzee en tant qu'être humain.

On perçoit le point de vue des personnages à travers leurs cultures respectives et leurs attentes concernant l'image de l'homme en tant que tel ou répondant aux codes sociaux.

Coetzee aborde aussi la question de l'apartheid sous différents angles et aussi la question de l'identité lorsque l'on est Afrikaan à cette époque.

On apprend plein de choses sur le pays, tout en se focalisant sur la construction de cet anti-héro. La figure de ce personnage reste un assemblage d'une photo déchirée - ou plutôt de différentes photos de portrait d'une même personne.

L'écriture est agréable, très vraissemblable. La construction de l'intrigue est vraiment géniale, bien pensée. On a de l'affection pour ce personnage desespéré qui est dévalorisé dans certains interviews. Je repense au personnage de la danceuse Brézilienne en particulier, qui dénigre le personnage avec virulence et laisse entrevoir en même temps qu'elle y attache beaucoup d'importance a contrario de ce qu'elle veut montrer.

A lire : https://www.irishtimes.com/news/author-of-his-own-solitude-1.724076

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31 juillet 2018

Emission estivale bien sympathique sur France Inter

Cette été, j'adore écouter l'émission Blockbuster de Frederick Sigrist sur France Inter qui fait la part belle à des créations de la culture populaire - livres, séries, jeux vidéos, films, ... - en présentant un travail bien alimenté sur l'origine et la réalisation de ces projets mythiques et également sur la réception du public sur ces projets. Il y a des micro-trottoirs où nous pouvons être interrogés sur une des thématiques abordées. De même, nous pouvons laisser un message sur une thématique qui sera diffusé dans l'émission du lendemain.

Bref ca parle un peu de nous, avec certains d'entre nous (some of us!) en quelques sortes!

Pour vous donner des exemples, voici les émissions que j'ai appréciées ce mois de juillet :

- "Le Seigneur des anneaux : un livre pour les gouverner tous" du Mardi 24 Juillet 2018

- "Queen : les génies du travail" du Vendredi 20 juillet 2018

-"Matrix, une oeuvre cross-média" du Lundi 16 Juillet 2018

-"Netflix, colosse aux pieds d'argile" du jeudi 12 Juillet 2018

-"James Cameron, technicien ou réalisateur de génie?" du Lundi 09 Juillet 2018

-"Steven Spielberg, père du blockbuster" du Lundi 02 Juillet 2018

 

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Crème Anglaise de Kate Clanchy

 

https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/51kFsMwkuqL._SX210_.jpgSatire sociale et Comédie sentimentale
Publié en 2013 - 330 pages

Un écossais fraichement sorti du lycée est embauché pour assister un géant de la littérature londonnien qui vient d'être victime d'un AVC. Il arrive dans une famille ayant déjà quelques problèmes, dans une région chic de Londres avec ses propres codes culturels et des principes, et se trouve vite désappointé face à un style de vie bien différent.

J'ai découvert ce roman en flanant dans les rayons de la médiathèque. Je l'ai choisi parce que j'avais bien envie de lire sur des différences culturelles entre les Anglais et les Ecossais, de voir ce qui s'apparentait à une 'comédie shakespearienne' et enfin de rencontrer toute une diversité de personnages. De plus un coeur rouge vif était scotché sur le livre, il avait donc plu à plusieurs lecteurs.

J'ai apprécié lire le roman au fil des pages, on a envie de savoir comment les personnages vont évoluer et quels choix ils vont faire. La fin du livre - que je ne dévoilerai pas bien entendu! - est pleine de rebondissements de situation. Un peu trop à mon goût - bien que satisfaisant pour un feel good novel.

J'ai beaucoup aimé la traduction du titre. En lisant le titre en langue originale Meeting the English, on s'attend à une rencontre avec des Anglais qui sont très anglais ou bien avec un type particulier d'Anglais (the). En français Cyrielle Ayakatsikas a retranscrit cela en Crème Anglaise qui évoque un peu l'expression "crème de la crème" qui correspond bien à certains personnages du roman.

J'ai lu un commentaire d'un critique anglais qui s'interrogeait sur la manière dont les Anglais étaient représentés dans le roman. On parle de satire sociale... En effet, je n'ai pas perçu beaucoup de différences culturelles mais plutôt des différences sociales à la lecture. Il ne s'agit pas d'un éloge ni d'une diatribe envers la culture anglaise. Meeting the English signifie peut-être plutôt rencontrer des anglais qui s'estiment eux d'une certaine manière.  Le roman montre qu'ils ne sont pourtant pas bien différents de personnages plus simples et sans prétention. De même on comprend que le jeune homme simple, honnête - on pourrait dire 'parfait' ou 'pur' dans ses intentions - peut également se montrer humain et ne pas faire passer un autre avant lui.

La figure du héros est à la fois très marquée - honneteté, questionnements intérieures, - c'est aussi celui qui vient sauver la situation, écoute des autres... (une figure idéalisée) - et en même temps il apprend à penser à lui-même, à exister pour lui-même. D'autres personnages en souffrance commencent à apprendre à faire confiance ou à prendre des risques. Voilà ce qui était sympa selon moi, proposer une écriture sur cela. Bien sûr la comédie rattrape ensuite le récit. Pour ma part, j'ai un peu de mal avec l'affluence des émotions - soudaines pour certains personnages - à la fin du roman.

Image issue du site https://www.babelio.com/livres/Clanchy-Creme-anglaise/580090

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