Résultat de recherche d'images pour "summertime coetzee vintage"Je cherchais un nouveau livre à la médiathèque. Quelque chose en anglais pour pratiquer un peu - je suis prof d'anglais et cela fait toujours du bien - et en parcourant les étagères de la section livre en version originale, j'ai fini par tomber sur ce roman. Je voulais quelque chose de plus contemporain et hors norme/classique que Jane Austen ou les soeurs Brönte.

J'avais déjà lu Disgrace de cet auteur. J'étais tombé dessus par hasard dans un Waterstone de Nottingham lors de mon année d'échange. La vendeuse m'avait dit avoir adoré cette lecture, et j'ai compris une fois ce premier livre achevé que c'était en effet un auteur à garder en mémoire.

Voici le résumé : C'est un roman qui joue sur l'illusion du lecteur. Un biographe se rend à différents endroits dans le monde pour interviewer des personnes ayant eu un lien avec un grand écrivain décédé qui s'appelle J.M. Coetzee. Le biographe veut se focaliser sur une partie de la vie de cet écrivain - les années 1970 - et en faire une biographie non romancée mais en différents témoignages et points de vue sur le personnage de John Coetzee. Il y a une mère de famille avec qui Coetzee a eu une relation, une professeure de dance qu'il courtisait, une de ses cousines ou encore des collègues.

J'ai adoré cette dérision! L'auteur se met lui même en scène, après son enterrement, en fin de compte. Les personnages font référence à des titres d'oeuvres écrites par J. M. Coetzee dont Disgrace notamment. C'est un véritable anti-héro qui est décrit à travers la majorité des personnages. Le biographe tente d'adopter l'attitude la plus scientifique possible en ne prenant pas partie. Il n'y a qu'à la fin du livre où le personnage est amené à donner son point de vue sur le personnage de John Coetzee en tant qu'être humain.

On perçoit le point de vue des personnages à travers leurs cultures respectives et leurs attentes concernant l'image de l'homme en tant que tel ou répondant aux codes sociaux.

Coetzee aborde aussi la question de l'apartheid sous différents angles et aussi la question de l'identité lorsque l'on est Afrikaan à cette époque.

On apprend plein de choses sur le pays, tout en se focalisant sur la construction de cet anti-héro. La figure de ce personnage reste un assemblage d'une photo déchirée - ou plutôt de différentes photos de portrait d'une même personne.

L'écriture est agréable, très vraissemblable. La construction de l'intrigue est vraiment géniale, bien pensée. On a de l'affection pour ce personnage desespéré qui est dévalorisé dans certains interviews. Je repense au personnage de la danceuse Brézilienne en particulier, qui dénigre le personnage avec virulence et laisse entrevoir en même temps qu'elle y attache beaucoup d'importance a contrario de ce qu'elle veut montrer.

A lire : https://www.irishtimes.com/news/author-of-his-own-solitude-1.724076